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Formation en tapisserie : devenir tapissier d'ameublement ou lissier, les diplômes et les parcours

Se former & s'installer · · Publié le 2026-11-01

Peinture du XVIIIe siècle montrant l'intérieur d'un atelier de teinture aux Gobelins, avec des cuves, des écheveaux de laine suspendus et des ouvriers au travail
Intérieur d'un atelier de teinture aux Gobelins, vers 1760, par Étienne Jeaurat. Domaine public.

Taper « formation tapisserie » dans un moteur de recherche donne des résultats qui n'ont parfois rien à voir entre eux : des CAP de lycée professionnel pour refaire des fauteuils, des stages de tissage à Aubusson, des ateliers de loisirs. C'est que le mot recouvre deux métiers d'art différents, avec des gestes, des diplômes et des débouchés distincts. Avant de chercher une école, il faut savoir lequel des deux on vise.

Deux métiers sous un même mot

Le tapissier d'ameublement

C'est l'artisan des sièges et des intérieurs. Il dégarnit un fauteuil ancien, remplace les sangles et les ressorts, refait la garniture en crin ou en mousse, pose la toile, puis le tissu de recouvrement, les galons et les clous. Selon sa spécialité, il travaille aussi le « décor » : rideaux, voilages, draperies, stores, tentures murales, jetés de lit, têtes de lit. Une partie de son activité relève de la restauration de mobilier ancien, une autre de la fabrication ou de la décoration contemporaine, pour des particuliers, des décorateurs, des hôtels ou des monuments.

Le métier figure dans la liste officielle des métiers d'art fixée par l'arrêté du 24 décembre 2015, que nous présentons dans notre article sur la liste des métiers d'art.

Le lissier

Le lissier, ou licier, tisse la tapisserie elle-même. Il travaille sur un métier à tisser vertical (haute lisse) ou horizontal (basse lisse), en suivant un modèle peint à l'échelle, le carton, qui peut être réalisé par un cartonnier. Laine, soie, lin : il compose l'image fil à fil, souvent à l'envers, et une tapisserie de quelques mètres carrés représente des mois de travail. Les débouchés sont plus rares que pour l'ameublement : ateliers et manufactures, restauration de tapisseries anciennes, création contemporaine.

Le savoir-faire de la tapisserie d'Aubusson a été inscrit en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco. Le même domaine du textile tissé a donné à Paris la manufacture des Gobelins, dont l'atelier de teinture apparaît sur l'illustration de cet article.

Devenir tapissier d'ameublement

La voie la plus courante est le CAP tapissier-tapissière d'ameublement. Il existe en deux spécialités : « en siège », centré sur la garniture et la restauration des sièges (sangles, ressorts, crin, mousse, piquage, capitonnage), et « en décor », consacré à l'aménagement textile des intérieurs (rideaux, draperies, stores). Il se prépare en principe en deux ans, en lycée professionnel ou en apprentissage. Il est fréquent de passer les deux spécialités l'une après l'autre : un atelier indépendant reçoit des demandes des deux natures.

Selon l'Onisep, on peut ensuite poursuivre vers un bac professionnel artisanat et métiers d'art, option tapisserie d'ameublement, puis, pour ceux qui visent la conception, vers un DN MADE (diplôme national des métiers d'art et du design) en trois ans, par exemple en mention objet. Notre article sur les CAP, BMA et DN MADE détaille le fonctionnement de ces diplômes.

En Lorraine, le pôle ameublement de Liffol-le-Grand, dans les Vosges, fait partie des lieux de formation spécialisés cités par la DRAC Grand Est dans son document de 2025 sur la filière. Liffol est historiquement une ville du siège et du meuble ; c'est un bon point de départ pour se renseigner, mais la liste exacte des diplômes préparés, comme celle des lycées et centres de formation d'apprentis qui proposent le CAP dans l'académie, change d'une année sur l'autre : vérifiez-la sur le catalogue de l'Onisep et auprès des établissements avant de vous projeter.

Devenir lissier : le parcours d'Aubusson

La formation au tissage de tapisserie est beaucoup plus rare. À Aubusson, dans la Creuse, la Cité internationale de la tapisserie indique que la Région Nouvelle-Aquitaine, la Cité, la chambre de commerce et d'industrie et la chambre de métiers et de l'artisanat de la Creuse ont mis en place une formation qualifiante complète de lissier, confiée au GRETA du Limousin. Cet enseignement n'était plus dispensé à Aubusson depuis 1998.

  1. Première année : le CAP Art du tapis et de la tapisserie de lisse, pour apprendre la technique du tissage.
  2. Deuxième année : le brevet des métiers d'art (BMA) Arts et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse, qui approfondit la technique et la culture du métier.

Selon la Cité, il n'y a qu'une rentrée tous les deux ans, et la formation se déroule sur le site de la Cité, au contact des ateliers et des collections. Les débouchés qu'elle mentionne : lissier salarié en atelier ou en manufacture, artisan indépendant, cartonnier salarié ou indépendant. Les financements cités comprennent le financement individuel, le compte personnel de formation, le projet de transition professionnelle et la Région. Pour un candidat lorrain, cela suppose de s'installer en Creuse pendant deux ans : le logement fait partie du projet.

Se former à l'âge adulte

On vient souvent à la tapisserie par une reconversion, après un premier métier. Plusieurs voies existent :

Le diplôme compte au moment de l'installation. Un CAP, ou à défaut une expérience professionnelle suffisante, permet de justifier de la qualité d'artisan d'art, comme nous l'expliquons dans notre article sur le statut et les titres d'artisan d'art.

Avant de choisir : quatre questions

Sources