Métiers d'art : le cadre

Les Journées européennes des métiers d'art (JEMA) : histoire, fonctionnement et éditions 2026-2027

Métiers d'art : le cadre · Publié le 2026-10-27

Un jeune élève luthier en démonstration devant le public, penché sur une pièce de violon en cours de fabrication
Démonstration d'un élève luthier lors d'une fête du patrimoine à Mirecourt, en 2004. Photographie de Jean-Louis Zimmermann, domaine public.

Chaque printemps, pendant quelques jours, des ateliers d'ordinaire fermés au public ouvrent leurs portes : on y voit souffler le verre, monter un fauteuil, graver une plaque, accorder un instrument. Ce sont les Journées européennes des métiers d'art, les JEMA. Leur principe est simple, leur organisation l'est moins. Voici ce qu'il faut savoir, que l'on veuille visiter ou ouvrir son atelier.

D'une initiative française à un rendez-vous européen

Selon l'Institut pour les savoir-faire français, les Journées ont été créées et coordonnées par lui depuis 2002, à l'époque où il s'appelait encore Institut national des métiers d'art. Elles se sont progressivement étendues à d'autres pays européens, d'où leur nom actuel. Selon le site officiel, 26 pays ont participé à l'édition 2025, et la manifestation réunit aujourd'hui plus de 25 pays en Europe.

Le principe n'a pas changé : donner à voir des savoir-faire qui se pratiquent souvent à l'abri des regards, dans des ateliers où l'on ne vient pas sans rendez-vous. Les professionnels ouvrent leurs portes, font des démonstrations, expliquent leurs outils et leurs matières. Des écoles, des centres de formation et des musées s'y associent. Le document « Métiers d'art en Grand Est » publié par la DRAC en octobre 2025 cite d'ailleurs les JEMA parmi les leviers pour sensibiliser le grand public et susciter des vocations chez les jeunes.

L'édition 2026 en chiffres

L'Institut présente l'édition 2026, qui s'est déroulée du 7 au 12 avril 2026, comme la vingtième. Il recense plusieurs milliers d'événements en France ; nous n'avons pas retrouvé de bilan chiffré définitif sur le site officiel. La région mise à l'honneur était le Centre-Val de Loire et le pays invité, la Belgique. Les chiffres publiés par l'organisateur comptent des événements et non des visiteurs : un même atelier peut proposer plusieurs rendez-vous.

Une précision de vocabulaire : l'organisateur présente l'édition 2026 comme la vingtième, et annonce pour 2027 le « vingt-cinquième anniversaire » des JEMA, compté depuis la création de 2002. Les deux peuvent coexister si l'on compte les années sans que chacune ait donné lieu à une édition numérotée, mais l'organisateur ne l'explique pas ; nous nous en tenons aux dates.

L'édition 2027 : dates et thème annoncés

Pour 2027, l'Institut annonce des Journées du 30 mars au 4 avril, sur le thème « Hors Champ ». Comme chaque année, la programmation détaillée (ateliers, horaires, inscriptions aux démonstrations) se construit pendant l'hiver ; elle est publiée sur le site officiel de la manifestation et relayée par les coordinations régionales. Ce site ne publie pas de programme : il renvoie aux sources officielles.

Visiter : quelques conseils pratiques

Participer : ce qu'il faut préparer quand on a un atelier

Pour un professionnel, les Journées sont une occasion de rencontrer un public local, de futurs clients, parfois de futurs apprentis. Elles demandent pourtant une préparation sérieuse.

  1. S'inscrire dans les délais auprès de la coordination, via le site officiel, pour figurer sur la carte et dans la communication.
  2. Penser l'accueil : circulation dans l'atelier, zone de démonstration protégée, matières dangereuses rangées, affichage des consignes.
  3. Vérifier son assurance : l'accueil de visiteurs, même gratuit, doit être couvert par la responsabilité civile professionnelle.
  4. Préparer ce que l'on montre : une démonstration courte et répétable, des pièces à différentes étapes, des outils expliqués.
  5. Prévoir la suite : cartes, catalogue, inscription à une lettre d'information, prise de rendez-vous.

Un atelier qui reçoit régulièrement du public, et pas seulement quelques jours par an, peut basculer dans le régime des établissements recevant du public, avec des obligations de sécurité et d'accessibilité. C'est un point à examiner avant d'aménager un local ; nous y revenons dans notre guide consacré à l'installation d'un atelier.

Pour un atelier installé à la campagne, les Journées sont aussi l'occasion de se faire connaître de ses voisins, qui ignorent parfois ce qui se fabrique au bout de leur rue. Plusieurs ateliers voisins peuvent se coordonner pour proposer un petit parcours, ce qui incite les visiteurs à faire le déplacement.

Les JEMA, vitrine d'une filière

Au-delà des visites, les Journées servent de baromètre à la filière. Les entreprises labellisées Entreprise du patrimoine vivant y participent sous une bannière commune : le ministère de l'Économie en a compté 41 lors de l'édition 2025. Les écoles y présentent leurs formations, les musées organisent des démonstrations. Pour un territoire comme la Lorraine, où le verre, le cristal, la lutherie et l'image imprimée ont façonné l'histoire économique, c'est aussi l'occasion de rappeler que ces savoir-faire sont encore pratiqués aujourd'hui.

Le lien avec la liste officielle des métiers d'art est direct : les intitulés de métiers utilisés pour présenter les ateliers participants s'appuient sur la nomenclature de 2015. C'est aussi une bonne manière de découvrir des métiers dont on ignorait l'existence.

Sources